Claude Reznik, une vie d’engagé

Sourire en coin sous sa moustache rieuse, Claude Reznik aime évoquer ses « prédispositions » à devenir gauchiste. A l’âge de douze  ans, en 1963, il part vivre un an à Cuba. Il rentre à Paris et se politise autour de la question du Vietnam. Au lycée Henri IV, il participe à la création de plusieurs organisations militantes à partir de 1966.

En Mai 68, il a dix-huit ans et tient « jours et nuits » la permanence des Comités d’action lycéens (CAL) à Censier, dans le 5e arrondissement. Après « les événements », Claude Reznik peinera à trouver chaussure à son pied dans le paysage des organisations d’extrême gauche, jusqu’à la création du groupe « Révolution ! » en 1972, dont il sera un acteur important jusqu’à sa dissolution en 1977.

A ce moment s’opère chez lui une « prise de conscience ». Avec ses amis, il se rend compte « qu’ils se sont fourvoyés », que le léninisme n’était « pas la bonne idéologie », que ce schéma n’était « plus valide ». Il quitte donc le militantisme et fait ses premiers stages dans des labos de cinéma pour devenir monteur. Désormais moins politisé, Claude Reznik va faire de ses idéaux un mode de vie. A partir de 1976, ce fils de monteur anime une radio libre et un journal local à Colombes. Il participe aussi au projet de vie collectif de « l’impasse Mousset » dans le 12e et poursuit son engagement militant en soutenant la lutte paysanne au sein du « Comité Larzac », jusqu’en 1982, où il vit une « aventure fabuleuse » et découvre de nouvelles formes de lutte.

 

« L’orphelin du léninisme » devient Vert

 

L’écologie monte alors en puissance dans sa conscience politique et vient réconforter « l’orphelin du léninisme », qu’il est. Après des projets de films « un peu fous » qui le font voyager, il s’établit à Montreuil en 1997 et adhère au parti écologiste. La fibre militante refait surface. En 2008, il est élu sur la liste écolo à Montreuil. L’idéologue d’hier est donc aux manettes. Cela change sa vision du politique. Comme en 68, il se « bat pour améliorer le monde », mais est devenu « réformiste ». Plus question de révolution. En charge des populations migrantes, il se sent utile au quotidien en menant des actions concrètes dont il constate chaque jour les bienfaits. « Changer le monde en l’améliorant ». Changer soi-même. « L’anti-flic », dont le poil se hérissait à la vue du moindre képi travaille désormais avec les policiers et s’est fait à la petite notabilité d’élu qui est maintenant la sienne.

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